GOUY Élisabeth de

Catégorie: Portraits
Année : 1707

 

*P.1060

Âge du modèle : 39 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Tête commencée en 1707 ou 1708 selon Hulst pour un portrait achevé en 1742 ; coll. Rigaud, 1743 ; legs de l'esquisse à Marguerite-Charlotte Le Juge, belle-fille de l’artiste, 1743.

Bibliographie :

Colomer, 1973, p. 116 ; Perreau, 2004, p. 67-68 ; James-Sarazin, 2009/1, p. 128 ; James-Sarazin, 2009/2, p. 73, 89 ; Perreau, 2013, cat. *P.1060, p. 217-218.

Descriptif :

C'est grâce au commentaire d'Hendrick van Hulst à l'occasion de son catalogue des estampes faites d'après Rigaud que nous pouvons supposer la première fixation sur la toile du visage d'Élisabeth de Gouy (v.1668-1743), épouse du peintre. Bien que le mariage ne se fit officiellement qu'en 1710, l'artiste fréquentait depuis un moment la famille de Gouy. Il avait plusieurs fois apporté son aide financière aux parents d'Elisabeth, Jérôme de Gouy et Marguerite Mallet, qu'il peint d'ailleurs en 1699. À cette même date, il confectionne également le très élégant portrait de la famille le Juge, rassemblant au sein d'une même composition, Élisabeth de Gouy, son époux Jean Le Juge et leur fille, Marguerite Charlotte.

Le Juge décède peu avant 1706 et c'est alors que Rigaud peint une nouvelle fois Élisabeth de Gouy comme l'indique Hulst qui décrit l'autoportrait de Rigaud peignant l'ovale de son épouse, gravé par Jean Daullé en 1742 : « Peint en 1742. Le corps de cet ouvrage s’entend, la tête étant de 1707 ou 1708 », ajoutant qu'Élisabeth est représentée en « buste sans mains, que l’auteur n’a achevé que vers la fin de la vie de sa femme, plus de 30 ans après avoir fait la tête. » Ce premier ovale, aux drapés assez simples sera repris ou métamorphosé en un portrait beaucoup plus abouti dans ses drapés, et qui sera a son tour gravé par Johann Georg Wille en 1743, enchassé dans une fenêtre de pierre et agrémenté d'un savant drapé. Ce nouveau portrait sera remis le 28 juillet 1744 à Marguerite Charlotte Le Juge du Coudray, belle-fille de Rigaud : « […] le portrait en grand de lad. Feue de Élisabeth de Gouy, mère de lad. Dlle Le Juge peint par ledit feu S. Rigaud sur une toile de quatre francs dans sa bordure dorée » auquel était joint « une autre petit portrait en mignature de lad. feue D. mère de lad. Dlle Le Juge dans une petitte boite de chagrin à charnière et petits bords d’or fermante à ressort avec une petitte glace au devant » (Paris, archives Nationales, minutier central des notaires parisiens, étude LXXIX/44).

La première esquisse du portrait d'Élisabeth, que l'on voit sur l'estampe de Daullé, semble avoir été remis à l'unique et principale héritière de l'artiste, Marguerite Élisabeth Rigaud, veuve du peintre Jean Ranc et nièce d'Hyacinthe Rigaud. L’Arresté de compte ensuitte de l’exécution testamentaire de ce dernier, dressé entre le 6 février et le 26 mars 1745, témoigne de ce legs qui comprenait aussi l'esquisse du cadre de l'estampe de Wille1 : « […] ledit portrait de la feue dite épouse du Sr Rigaud peint par luy d’après laquelle dite planche a esté gravée par le Sr Will, ensemble l’esquisse en toile sans bordure du cadre de l’estampe qui a esté gravée d’après ledit portrait. Ont été remis par le Sr Billeheu à la dame Ranc comme portraits de famille ».

Dans la première version du portrait d'Élisabeth de Gouy, peinte en 1707-1708 et dont Daullé s'inspira, le drapé du manteau est beaucoup plus sobre que dans la version du même portrait que gravera Wille. On note aussi sur un fond de pierres de taille, la colonne cannelée chère aux jeunes années du peintre. Il est donc probable que Rigaud ait confectionné le visage d’Élisabeth de Gouy à l’occasion de leur mariage en 1710 et qu’il ait gardé sur les murs de son hôtel le portrait inachevé. Lorsqu’il se décida à le faire graver, il prolongea la composition par des drapés dont le style est typique des dernières années de son art. Les registres de Saint-Roch (publiés par Jal) mentionnent ainsi le décès d’Élisabeth de Gouy : « Élisabeth de Gouix mourut le 15 mars 17432, rue Louis le grand, âgée d'environ 75 ans. Elle fut inhumée aux Jacobins en présence d'Hyacinthe de Vermont et de Louis Billeheu, notaire ».

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan