BIAUDOS DE CASTÉJA Charles Louis de

Catégorie: Portraits
Année : 1712

 

P.1156

Âge du modèle : 29 ans

Huile sur toile ovale
H. 81 ; L. 65 cm.
Collection particulière

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1712 pour 200 livres (ms. 624, f° 33 : « M[onsieu]r le ch[evali]er de Cartagaat, [rajout :] Casteja ») ; mentionné par Joseph Roman en 1919 dans la collection Casteja-Fournès à Paris ; par descendance.

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 163 [Charles Louis de Biaudos] ; Perreau, 2013, cat. *P.1156, p. 232 [Jean François de Biaudos] ; James-Sarazin, 2016, II, cat. P. 1230, p. 405 [Charles Louis de Biaudos].

Œuvres en rapport : 

1. Huile sur toile. H. 80,5 : L. 64,6 cm. Collectione privée. Blason de Charles-Louis ajouté à même la toile en haut à droite. 

Roman proposait pour ce portrait l'identité de Charles-Louis de Biaudos, seigneur de Castéja (1683-1755), ambassadeur de France à Stockholm (1728), auquel nous avions préféré en 2013 le frère, Jean-François de Biaudos, marquis de Castéja (1679-1740)1 parce qu'il fut titré chevalier de Saint Louis dès 1700 (D’Hozier, 1817, I, p. 192-192 & II, 29, 120) alors que Charles-Louis ne le sera qu’en 1715 alors que le second l’était depuis mars 1700. James-Sarazin, bien qu'elle affirmait en 2016 avoir retrouvé le portrait sans toutefois l'illustrer ni le décrire, revint avec raison à la proposition de Roman en arguant que le titre de chevalier ne faisait point référence à la croix de Saint Louis mais au titre que portrait Charles-Louis avant son mariage en 1731 qui lui conféra celui de comte de Castéja. Les armoiries de Charles Louis, furent inversées et modifiées dans leur couleur par rapport à celles originales de son grand père, Jean II (de gueule à trois merlettes d'argent) écartelé de celle de sa grand mère, Arnaude de Bédorède (d'azur au lion de pourpre). Le lion devint rouge sur fond azur et les merlettes noir sur fond blanc. Bien qu'elle aient pu être rajoutée a postériori sur la copie connue et diffusée sur l'internet, notre redécouverte et publication du portrait original nous permet, nous aussi de revenir à l'identification initiale de Roman.

Charles Louis et Jean-François de Biaudos étaient fils de Marie Midot (née en 1650), fille de Jean-René Midot et de Françoise Férié, et de Jean de Biaudos, marquis de Casteja (v.1630-1718), Baron de Tréveray, Gouverneur de Toul, brigadier des armées, commandeur de l’ordre de Saint-Louis (1695), lequel avait eu une jambe emportée au siège de Landrecies.

Charles-Louis est né le 11 juillet 1683 et fut baptisé le 15 à Toul, ayant pour parrain son oncle Charles de La Vallée de Pimodan, lieutenant du Roi à Toul, et pour marraine Louise La Vayer, fille du défunt président à mortier au parlement de Metz. D'abord connu comme le chevalier de Biaudos, il prit en se mariant, le nom de comte de Castéja.

Il entra aux mousquetaires en 1699, se trouva avec ce corps au combat de Nimègue en 1702 et prit le 3 septembre suivant la compagnie de grenadiers d'un régiment d'infanterie nouvellement levé par son frère aîné. Il devint major de ce régiment le 10 février 1705 et colonel, sur démission de son frère, qui passa au régiment de Tournaisis, par commission du 16 mars suivant. Il commanda son régiment pendant plusieurs années en garnison. Devenu guidon de la compagnie des gendarmes de Bretagne par brevet du 13 février 1709, avec rang de mestre de camp de cavalerie, du même jour, il combattit à Malplaquet, au mois de septembre, et servit en Flandre jusqu'à la paix. Il se trouva à l'affaire de Denain et aux sièges de Douai et du Quesnoy en 1712. Il passa enseigne de la même compagnie le 10 novembre 1716 et obtint le gouvernement de Saint-Dizier par provisions du 31 mars 1718. Il fut nommé ministre plénipotentiaire près du roi de Suède en 1727, obtint sa première audience le 27 février et resta dans ce royaume pendant onze ans avec la même qualité. On le nomma sous-lieutenant de la compagnie des chevau-légers d'Orléans le 22 décembre 1731. Il obtint le grade de brigadier par brevet du 1er mars 1738 et le gouvernement de Toul à la mort de son frère aîné, par provisions du 16 juin 1740. Il se démit, dès 1736, de la sous lieutenance de la compagnie des chevau-légers d'Orléans, et en 1754 du gouvernement de Saint-Dizier, en faveur de son neveu Louis Anne Alexandre, son fils étant décédé en 1747 : « le comte de Castéja s'étant démis de son gouvernement en faveur de son neveu, le Marquis de Castéja, officier au régiment de la Reine, ce dernier en prit possession au château de Saint-Dizier le 21 novembre 1755, en vertu de la commission qui lui avait été délivrée par le roi le 10 juillet 1754 ».

Il mourut à Paris, rue Saint-Martin, le 10 mars 1755 à l'âge de 72 ans. La cérémonie eut lieu le 17 en l'église Saint-Nicolas-des-Champs. Il avait épousé Jeanne de Paris, des seigneurs de Couttes et de Gasville, dont il eut un fils unique, Jean Charles, mort à 23 ans en 1747 des suites de ses blessures à Plaisance, étant colonel du régiment de Tournaisis2.

La posture choisie par Rigaud ici est classique, présentant le modèle en buste armé, la longue perruque nouée par un ruban volant. La jeunesse du visage correspond bien avec l'âge présumé du modèle.  

 


1. Jean-François de Biaudos, marquis de Castéja (1679-1740), mena une brillante carrière militaire : mousquetaire dès 1694, capitaine au Royal Cavalerie (1696), colonel d’un régiment d’infanterie de son nom (1702), colonel de celui de Tournaisis (1705), gouverneur de Toul et de Saint-Dizier en 1718, brigadier des armées du roi (1719), il finira comme maréchal de camp (1734). Il s’était unit à Jeanne-Henriette-Josèphe de Jacquiers-Rosée.

2. Histoire généalogique et héraldique des pairs de France par Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles (vol 2) - Dictionnaire historique et biographique des généraux français par le chevalier de Courcelles et http://maison.biaudos.free.fr/. Nous remercions vivement Monsieur Jean-Denis de Biaudos de Castéjà pour toutes les informations qu'il a accpté de nous communiquer pour la rédaction de cette notice.

mise à jour : 5 juillet 2017

Poser une question à propos de cette oeuvre
Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan