LAUNAY Nicolas de

Catégorie: Portraits
Année : 1712

 

*P.1178

Âge du modèle : 65 ans

Huile sur toile
H. 145 ; L 113.
Collection privée.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1712 pour 500 livres (ms. 624, f° 33 v° : « M[onsieu]r de l’aunay directeur des médailles [rajout : ] hab[ille]ment orig[in]al »).

Bibliographie :

Hulst/3, p. 190 ; Portalis et Béraldi, 1880-1882, I, p. 379, 383 (n° 20) ; Roman, 1919, p. 164 ; cat. exp. musée de la Monnaie, 1970, p. 369, n° 527 et 528 ; Perreau, 2004, p. 241 ; Perreau, 2013, cat. *P.1178, p. 234-235.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud (?), H. 114 ; L. 88 cm. Loc. inc. (vente Paris, 7 janvier 1907).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud [buste], H. 71 ; L. 57 cm. Paris, musée de la monnaie. Inv. M.J. 83-189.
  • 3. Pierre noire et craie blanche sur papier bleu d’après Rigaud. H. 42,1; L. 33,6 cm. Boston, museum of Fine Art. Inv. 61.1028. Don de C. Adrian Rubel en septembre 1961.
  • 4. Pierre noire d’après Rigaud (masque), H. 62,2 ; L. 27,9 cm. Harvard Art Museums/Fogg Museum, Francis H. Burr Memorial Fund, 1951.104 [=étude d’homme].
  • 5. Gravé par François Chéreau en 1719. H. 48,5 ; L. 35 cm. Sous l'image la lettre suivante : « NICOLAS DE LAUNAY / Escuyer Conseiller Secrétaire du Roy, Maison Couronne de France et de ses Finances, / Directeur de la Monnoye des Médailles et de l’Orfévrerie de sa Majesté ». Sous le trait carré : « Peint par Hyacinthe Rigaud en 1713. / Gravé par Fr. Chéreau en 1719 ». 

Reçu maître orfèvre en 1672, Nicolas de Launay (1647-1727) fut l’un des principaux fournisseurs de la couronne. Il participa notamment à la fabrication de la vaisselle d’or et du mobilier d’argent, commandés par Louis XIV. Avec Claude Ballin « l’aîné » (1615-1678) et Claude Ballin « je jeune » (1660-1754), il compte parmi les plus fameux orfèvres du règne de Louis XIV. Nommé le 22 novembre 1696, directeur de la Monnaie et des Médailles, il ajouta à cette fonction une charge anoblissante de secrétaire du roi. Louis XIV lui confiera dès 1714, le soin de réaliser sa vaisselle d’or. Notons que Robert Levrac de Tournières réalisa vers 1696-1704 un tableau de la famille de Launay (huile sur toile. H. 56 ; L. 70 cm. Caen, musée des Beaux-Arts, Inv. 78.2.1). De Launay y est représenté dans son cabinet des médailles qu’il aménagea au Louvre.

Son portrait par Rigaud s'incrit dans la lignée des grands personnages peints par l'artiste à cette époque et n'est pas sans évoquer les portraits de Robert de Cotte ou du président de Nicolay, dont il partage un décorum assez similaire fait de pilastres nus sur un mur agrémenté d'un lourd rideau (avec cordelette et pompons). Le soin tout particulier apporté par l'artiste au grand drapé lovant le modèle semble être également un prétexte à la virtuosité. Le dessin de Boston ne semble pas avoir été fait d'après le portrait de Rigaud mais plutôt d'après la gravure de François Chéreau, dans tous les cas à l'extérieur de l'atelier de l'artiste. Il tranche en effet par sa qualité moyenne et sa technique mécanique avec les belles feuilles produites par Rigaud ou par les meilleurs de ses aides, dévolus d'ordinaire aux dessins (Monmorency par exemple). La feuille du Fogg Art Museum s'inscrit dans la même lignée ce qui nous a poussé à ne pas la classer, comme celle de Boston, dans la catégorie des dessins issus de l'atelier de Rigaud ou d'après ceux-ci.

La fille de notre modèle, Suzanne de Launay, sera peinte en 1720, en tant qu'épouse de Robert de Cotte.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan